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INTERVIEW HORTENSE LIMOUZIN :
“LE 3X3 FÉMININ EST DE PLUS EN PLUS RESPECTÉ”
Quand la fédération vous a proposé de vous dédier au 3×3 pour une saison, avez-vous hésité ?
Je n’ai pas du tout hésité, parce que l’année prochaine est très importante pour le 3×3, pour la France, et ça me tenait à cœur de pouvoir m’inscrire dans ce projet. C’est vrai que ça demandait de mettre le 5×5 de côté, mais je continue le basket, et le 3×3 est ma passion, j’ai vraiment envie de tout mettre à profit pour Paris 2024. J’ai vu comment cela se passait avec les garçons (l’équipe 3×3 Paris), qui ont beaucoup progressé, donc si ça peut nous faire progresser autant, ce sera tout bénéfique.
Comment a réagi votre club de 5×5, le Hainaut ?
Le club l’a très bien pris. Ils étaient forcément déçus de savoir que je ne serai pas là cette saison, mais ils m’ont énormément soutenue dans ma volonté de faire partie de ce groupe pour Paris 2024. Je leur en suis très reconnaissante.
A quoi ressemble désormais votre quotidien ?
Pour l’instant, on est encore en format équipe de France. Mais dès octobre, on va avoir des stages, des compétitions, beaucoup de matches amicaux, entre nous et avec d’autres pays fonctionnant de la même manière. Et aussi peut-être
des tournées à l’étranger. Individuellement, à côté, il faudra qu’on s’entretienne parce qu’il y aura environ une semaine, dix jours par mois, où on sera en autonomie de travail – accompagné bien sûr de tout le staff technique et médical.
Vous pensez à Paris 2024 matin, midi et soir ?
Oui, j’y pense forcément au moins une fois par jour… Mais c’est aussi ce qui me donne envie d’être performante sur des compétitions intermédiaires, qui sont tout aussi importantes, comme la Coupe du monde, le Women’s Series, le championnat d’Europe. Il faut qu’on soit compétitives sur ce genre de compétitions si on veut être performantes à Paris.
8 Le nombre de joueuses, toutes issues de la LFB, sous contrat professionnel avec la FFBB pour la seule saison 2023- 24, afin de se consacrer au 3×3 dans l’optique de Paris 2024. Avec Hortense Limouzin, il sagit de Jodie Cornelie, Myriam Djekoundade, Laetitia Guapo, Marie Mane, Eve Wembanyama, Anna Ngo Ndjock et Marie-Eve Paget.
Comment observez-vous le développement du 3×3 ?
Le 3×3 évolue énormément en France, notamment dans le secteur féminin. Le 3×3 féminin est de plus en plus respecté. Toutes les joueuses, françaises et mondiales, on est actrices de cela, et c’est très plaisant. Quand je vais sur les tournois, je vois que c’est quelque chose qui attire. Il y a une forme de simplicité, un retour à la pureté du jeu. Plus on évolue en niveau, plus les choses deviennent sérieuses, mais le 3×3 permet de retrouver l’essence du basket. Sur les tournois, beaucoup de jeunes me disent qu’ils ont envie de commencer le 3×3.
Vous avez fait la couverture du magazine L’Équipe avec Laetitia Guapo et Myriam Djekoundade. Un bon souvenir ?
Un moment vraiment top. Surtout quand on a fait les photos. Et le jour où on a appris qu’on faisait la Une, c’était une vraie fierté. Et au-delà de nous rendre fières toutes les trois, ça rend fier la fédération, les coaches, le staff. Au moment où la Une est sortie, beaucoup de gens ne considéraient pas le 3×3 à sa juste valeur. C’est une discipline encore méconnue, mais petit à petit, les gens en entendent parler, ça se démocratise. Être actrice de cette évolution de la discipline, c’est super.
UNE DIMENSION NOUVELLE
Du 25 au 29 juillet, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle à Rennes, s’est tenue la nouvelle édition de l’Open de France 3×3. Présente durant la semaine pour participer aux opérations mises en place par GRDF partenaire de l’événement, Hortense Limouzin a pu constater la montée en puissance continue de l’événement, qui se confirme année après année.
Pour cette édition 2023, la Junior League (version 15-18 ans de la Superleague) a été ajoutée au calendrier ; La Chaîne L’Équipe, au gré des intempéries, a permis la diffusion des matches en clair sur la TNT ; un village d’animations pour les spectateurs avait été installé. Au niveau sportif, outre le passage de 12 à 16 équipes pour les tournois masculin et féminin, il faut noter la forte augmentation des inscriptions d’équipes féminines lors des Open Plus qualificatifs.
« Il y a eu une réelle évolution du niveau. Maintenant, même des nations étrangères parlent de l’Open de France et ont envie de le jouer », observe Limouzin, séduite par les avancées de l’Open : « Le spot, les tribunes, toute l’organisation… C’était digne d’un tournoi international. » Vivement l’an prochain !